L'essentiel
  • Les déchirures cutanées sont fréquentes chez les aînés et en grande partie évitables.
  • Les classer avec le système ISTAP (types 1, 2, 3) selon l'état du lambeau.
  • Prévention : hydrater la peau, manipuler en douceur, protéger les membres, éviter les adhésifs.
  • Documenter (localisation, dimensions, type ISTAP, peau périlésionnelle) et inscrire le suivi au PTI.

Les déchirures cutanées (skin tears) comptent parmi les plaies les plus fréquentes, et aussi parmi les plus évitables, chez les personnes âgées hébergées. Avec une peau qui s'amincit et se fragilise avec l'âge, un simple transfert, le retrait d'un pansement adhésif ou un coup contre une ridelle de lit suffisent à provoquer une lésion. Bonne nouvelle : la majorité de ces plaies peuvent être prévenues, et une évaluation rigoureuse fait toute la différence pour le suivi.

Gros plan sur les mains d'une personne âgée
Photo : Chris F / Pexels

Reconnaître une déchirure cutanée

Une déchirure cutanée est une plaie traumatique causée par des forces mécaniques (friction, cisaillement, retrait d'un adhésif). Elle se distingue de la lésion de pression : son origine est un traumatisme ponctuel, pas une pression prolongée. On y observe souvent un lambeau de peau plus ou moins préservé. Comme le soulignent les outils en soins de plaies de l'INESSS, bien distinguer ces deux types de plaies oriente correctement le plan de traitement et la documentation.

Classer avec le système ISTAP

Au Québec, l'évaluation des plaies s'appuie sur les repères pratiques de l'OIIQ. Pour les déchirures cutanées, le système de classification international ISTAP distingue trois types, selon l'état du lambeau cutané :

Type Description État du lambeau
Type 1 Aucune perte de peau Le lambeau peut être replacé pour couvrir le lit de la plaie
Type 2 Perte partielle du lambeau Le lambeau ne couvre pas entièrement le lit de la plaie
Type 3 Perte totale du lambeau Le lit de la plaie est entièrement exposé

Noter le type ISTAP dès l'évaluation initiale permet de suivre l'évolution et de communiquer clairement avec toute l'équipe.

Qui est le plus à risque ?

Repérer rapidement les résidents vulnérables est la clé de la prévention. D'après le guide de pratique en soins de plaies du CHUM, les principaux facteurs de risque sont :

  • Peau : peau âgée, sèche et fragile ; antécédent de déchirure cutanée.
  • Mobilité : antécédents de chutes, mobilité réduite, besoin d'aide pour les transferts.
  • État général : polypharmacie, troubles cognitifs ou sensoriels (vision, audition), dénutrition.

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Un résident qui cumule plusieurs de ces facteurs devrait faire l'objet de mesures préventives ciblées, idéalement inscrites au PTI.

Intervenante accompagnant une personne âgée
Photo : Jsme MILA / Pexels

Prévenir : les gestes qui comptent

  • Hydrater la peau : l'application d'une crème hydratante au moins deux fois par jour réduit nettement le risque.
  • Manipuler en douceur : techniques de transfert sécuritaires, à deux intervenants au besoin ; éviter de saisir directement la peau des avant-bras.
  • Protéger les membres : manches longues, protège-tibias, rembourrage des coins de mobilier et des ridelles.
  • Repenser les adhésifs : privilégier les pansements et rubans à base de silicone, et retirer les adhésifs avec précaution.
  • Soigner l'environnement : bon éclairage, dégagement des obstacles pour prévenir les chutes.
  • Nutrition et hydratation : un bon apport protéino-énergétique soutient l'intégrité de la peau.

Documenter pour assurer le suivi

Une déchirure bien documentée, c'est un suivi qui ne se perd pas d'un quart à l'autre. À consigner :

  • localisation et dimensions (longueur, largeur) ;
  • le type ISTAP (1, 2 ou 3) ;
  • l'état de la peau périlésionnelle (fragile, ecchymotique, intacte) ;
  • une photo si le protocole de l'établissement le permet ;
  • les directives de suivi au PTI (réfection du pansement, surveillance des signes d'infection, mesures préventives).

C'est exactement le genre d'évaluation structurée qu'un constat clair au PTI permet de transmettre à toute l'équipe.

En résumé

Les déchirures cutanées ne sont pas une fatalité du vieillissement : avec une peau bien hydratée, des manipulations douces et un environnement sécuritaire, on en prévient une grande part. Et quand elles surviennent, une évaluation rigoureuse (type ISTAP, peau périlésionnelle, documentation au PTI) assure une prise en charge cohérente.

Rappelons que le choix du pansement et du plan de traitement relève du jugement clinique de l'infirmière et des protocoles de votre établissement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une déchirure cutanée et une lésion de pression ?

La déchirure résulte d'un traumatisme mécanique ponctuel (friction, retrait d'adhésif) et présente souvent un lambeau de peau, alors que la lésion de pression découle d'une pression prolongée.

Comment prévenir les déchirures cutanées en CHSLD ?

Hydrater la peau au moins deux fois par jour, utiliser des transferts sécuritaires, protéger les membres, privilégier les pansements en silicone et sécuriser l'environnement.

Que faut-il documenter lors d'une déchirure cutanée ?

La localisation, les dimensions, le type ISTAP (1, 2 ou 3), l'état de la peau périlésionnelle, une photo si le protocole le permet, et les directives de suivi au PTI.

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⚕️ Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas le jugement clinique ni les protocoles de votre établissement. Toute décision clinique relève de l'infirmière ou de l'infirmier selon son champ d'exercice.

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